Des trajectoires biographiques complexes, des changements de villes — Saint-Pétersbourg, Moscou, Barcelone, Amsterdam, puis l’Allemagne où il vit aujourd’hui —, l’obtention de sa première formation à Moscou, une période d’isolement, l’émigration, l’apprentissage de langues étrangères et la poursuite de ses études en Allemagne ont laissé une empreinte indéniable sur son œuvre nourrit de son journal personnel. Car Muzalevsky dessine, écrit et archive chaque jour. L’ensemble constitue la base de ses futures œuvres, des espaces de reconstruction et de relecture des images.
Artiste d’origine russe parmi les plus remarqués de sa génération, Evgeny Muzalevsky s’est fait connaître pour sa peinture, son medium de prédilection, même si sa pratique multidisciplinaire comprend également la sculpture, la photographie et la vidéo.
Né en 1995 dans une petite ville de la région de Samara, sur les rives de la Volga, dans un milieu social éloigné de tout privilège. Rien ne semblait le destiner à une carrière artistique, sinon sa propre conviction inébranlable. Il est aujourd’hui lauréat de prestigieux prix dans son pays natal et ses œuvres sont entrées dans les collections de plusieurs musées et de grandes collections privées.
Peinture à l’huile, stick, spray, aquarelle, acrylique… les diverses techniques dont ils s’emparent accompagnent ce processus de transformation.
Il est impossible de parler de Muzalevsky sans évoquer sa collaboration avec sa mère. En 2022, lors de la huitième année de sa détention dans une colonie pénitentiaire, naît leur projet commun : des broderies réalisées à la main d’après ses esquisses abstraites. Cette pratique, relevant en essence d’une thérapie mentale, devient une prise de parole artistique d’une grande force, qui a reçu une reconnaissance muséale.