Igor Chelkovski (né en 1937 en URSS) est un sculpteur et artiste dont la pratique s'est développée depuis le début des années 1960 autour de l'abstraction, de la réduction des formes et de la pensée sérielle. Figure majeure du mouvement artistique soviétique non conformiste, il vit et travaille en France depuis 1976.
L’œuvre de Chelkovski s’attache à explorer la forme comme phénomène perceptif plutôt que comme représentation d’un objet. S’inspirant de motifs universaux tels que la nature, la figure humaine et l’environnement urbain, il cherche à articuler le mouvement, le rythme, la vibration et la sensation spatiale par des moyens sculpturaux minimalistes.
Le bois occupe une place centrale dans la pratique de Chelkovski et est traité comme l’équivalent de la ligne ou du coup de pinceau. Ses sculptures et reliefs sont réduits à des structures élémentaires où la texture brute coexiste avec une abstraction poétique. Des motifs tels que les nuages, les arbres, les vases et les figures humaines sont revisités à maintes reprises au fil des décennies, permettant à l’artiste d’affiner chaque image par la variation et la réduction jusqu’à atteindre une clarté formelle. La sérialité fonctionne comme une méthode de pensée plutôt que comme une répétition, permettant une réarticulation continue de la forme.
Un principe clé du langage sculptural de Chelkovski est l’invariance de la forme par rapport à l’échelle.
Nombre de ses œuvres peuvent être transposées de formats intimistes à des sculptures publiques monumentales sans perte de tension interne ni de force expressive. Cette approche sous-tend son engagement avec
l'espace public et les installations de grande envergure.
Au-delà de la sculpture, Chelkovski travaille la peinture, le dessin et le relief, étendant constamment ses
explorations de la perception à travers différents médiums. Sa pratique peut être qualifiée de phénoménologique :
il observe non pas l'objet lui-même, mais la manière dont il émerge à la conscience et condense cette
expérience en des formes simples et d'une grande précision structurelle.
De 1979 à 1986, Chelkovski a fondé et dirigé la revue A–Ya,
qui a fait connaître l'art soviétique non officiel à un public international.
Ses œuvres figurent dans les collections de grands musées, notamment le Centre Pompidou (Paris),
la Galerie Tretiakov (Moscou), le Musée Russe (Saint-Pétersbourg), le Musée d'Art Moderne de la Fondation Ludwig (Vienne), le Zimmerli Art Museum (États-Unis), et bien d'autres.